Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

L'art contemporain mode d'emploi

Cycle de 8 conférences


Source : Centre des Arts d'Enghien (http://www.cda95.com)

Rubrique : 2006-2007

annonce_copie.jpg ()

du 07/03/2007 18:30 au 07/03/2007 00:00
Salle : centre des arts d'Enghien-les-Bains
12-16 rue de la Libération
01 30 10 85 59
Enghien-les-Bains 95880 France (Ile-de-France)




Texte : Aujourd'hui, l'art contemporain reste pour beaucoup impénétrable et énigmatique. L'incroyable diversité de ses formes et de ses styles déboussole, effraie, agace, mais ne laisse jamais indifférent ! Face à des œuvres qui bousculent les notions de beau et de laid tout en se jouant des notions d'éternité et d'éphémère, il peut être facile de perdre pied...
Ce nouveau cycle de 8 conférences, librement adapté de l'ouvrage d'Élizabeth Couturier*, L'art contemporain mode d'emploi (ed. filippachi), fournit les clés et les repères nécessaires pour décrypter les créations d'aujourd'hui et prendre plaisir à découvrir de nouveaux horizons esthétiques.

À la lecture du livre d'Elizabeth Couturier, vous choisirez certainement une manière personnelle d'approcher l'art d'aujourd'hui. Selon les tempéraments, deux possibilités s'ouvrent à vous : « la méthode douce et la méthode choc », une approche plutôt chronologique ou le plongeon tête baissée dans l'art contemporain !

Nous avons souhaité vous proposer les deux. Chaque conférence offre ainsi un double regard : un exposé précis qui puise largement dans l'Histoire de l'art, des origines à nos jours et permet de fixer des repères, de souligner les références et de renouer les fils entre le passé et le présent. Illustrée soit par des vidéos ou des interviews d'artistes, de commissaires d'exposition, de galeristes mais aussi de philosophes ou de sociologues, cette première partie se termine par un jeu de questions-réponses, juste pour souffler...
Elle est suivie d'une présentation monographique de l'œuvre d'un artiste contemporain qui « vous plonge directement au cœur du sujet, sans paliers de décompression, ni filet de sécurité ! ».


* Élizabeth Couturier est journaliste, critique d'art, auteur et producteur artistique pour la télévision, diplômée des arts plastiques, Élisabeth Couturier collabore à Paris Match depuis plus de 15 ans, à Historia pour la rubrique « l'art de l'Histoire », ainsi qu'à diverses revues spécialisées.

Conférences dirigées par l'association « Connaissance de l'art contemporain »
Rendez-vous mensuel en collaboration avec le Conseil général du Val d'Oise.

Un mercredi par mois à 18h30 / entrée libre



Période traitée : 2006-07-07
Mots-clés : conférences, art contemporain
Inséré le : 07/07/2006 11:35
DATEFICHE
mercredi 30 décembre à 18h30
DATELIST
13/12
MERCREDI 17 JANVIER
> Changer sa façon de voir : ne dites plus:
L'art, c'est du travail, c'est du fait main
Faux !


« Au Moyen-Age et à la Renaissance, l'artiste tenait sa légitimité de son savoir-faire. Apprenti dès l'âge de dix ans, il entrait dans l'atelier d'un maître qui l'initiait aux rudiments du métier puis lui transmettait ses secrets. Plus tard, il devenait à son tour un maître et formait d'autres élèves.
À partir du XVIIIe siècle, les enseignements du dessin, de la peinture et de la sculpture sont dispensés par les Académies, puis par les Écoles des beaux-arts. Sous l'autorité d'un professeur, l'élève apprend les règles strictes de la représentation. Pour devenir un virtuose, il doit exercer sa main.
Au tournant du XXe, Matisse et les Fauves dénoncent cet amour du métier et le culte du travail fait main. Et plus tard, en 1913, en exposant une roue de bicyclette, c'est-à-dire un objet manufacturé, « tout fait », Marcel Duchamp provoque un séisme qui change radicalement la pratique de l'artiste : son geste ne se confond plus avec sa touche. L'élaboration mentale de l'œuvre prime sur sa facture.
L'intuition de Duchamp fait écho aux bouleversements inouï introduit par la révolution industrielle qui met à mal la production artisanale. Et dessine un nouveau monde qui fait passer la main de l?homme au second plan. Dadaïsme, Surréalisme, Nouveau Réalisme, Art minimal, Art conceptuel ou encore Land art retiennent la leçon.
Depuis, l'arrivée des nouvelles technologies n'a fait que renforcer cette attitude distanciée. L'artiste est à la tête d'une équipe d'assistants, surveille les étapes de la production d'œuvres réalisées industriellement et, quand cela est nécessaire, fait appel à des chercheurs, des industriels, ou des cinéastes ».

> 26mn pour une œuvre : : Ann Lee, et plus si affinités?
(Pierre Huyghe (1962), Philippe Parreno (1964)


« Personnage de manga acheté par Pierre Huyghe et Philippe Parreno au Japon, Ann Lee est devenu le personnage fétiche de plusieurs films et installations, réalisés par des artistes autres que les « parrains » du projet artistique. Il n'est pas question ici de réalisme, -Ann Lee n'est plus même un fantôme mais juste un squelette ou une coquille vide- mais de la façon dont l'art et l'imaginaire collectif peuvent s'emparer de ce qui, au départ, n'était qu'un logo ou un pur produit graphique, pour l'ancrer dans l'espace artificiel de l'installation. Jusqu'à en faire un petit personnage familier et sympathique ». (Florence de Mèredieu in Histoire matérielle et immatérielle de l'art moderne, Larousse 2004)
MERCREDI 7 FEVRIER
> Changer sa façon de voir : ne dites plus?
L'art doit être accessible à tous
Vrai et Faux !


Pour expliquer sa philosophie, Andy Warhol déclarait : « Le pop art est pour tout le monde. Je ne pense pas que l'art devrait être réservé à une élite ? ». Les reproductions de portraits de stars, de produits de grande consommation ou les photos de journaux qu'il exposait agrandies, recoloriées et démultipliées séduisaient le public qui avait le sentiment rassurant d'avoir déjà vu ça quelque part.
À l'inverse, mais à la même époque, Lawrence Weiner, un autre artiste américain, proposait, lui, des œuvres qu'il présentait sous forme de phrases énigmatiques et dont la réalisation était à la charge de l'acquéreur. Selon cet artiste conceptuel, il n'est pas nécessaire, face à la surproduction d'images offertes par la société marchande, d'en rajouter ! Au contraire l'art, pense-t-il, doit offrir un espace de réflexion, marquer une distance par rapport au réel.
Ces deux positions résument deux courants de fond qui traversent l'art de part en part depuis le début du XXe siècle. Mais aujourd'hui, images séduisantes, d'un côté, et démonstrations intellectuelles, de l'autre, s'interfèrent facilement.


> 26mn pour une œuvre : Jeff Koons (1955)

« Les objets de Jeff Koons accèdent au rang d'œuvres d'art en se redoublant comme objets, êtres factices d'une société elle-même hyper artificielle. Tout se passe comme si l'on se situait désormais au-delà même du ready-made, celui-ci apparaissant finalement comme encore relié à une situation romantique dans laquelle l'art et le non-art se situaient l'un par rapport à l'autre en position de discrimination ».
(Florence de Mèredieu in Histoire matérielle et immatérielle de l'art moderne, Larousse 2004)
MERCREDI 7 MARS
> Changer sa façon de voir : ne dites plus :
L'artiste doit avoir de l'inspiration
Vrai et Faux !


Pendant des siècles, la peinture a pris pour thème des scènes de la Bible. L'esprit divin semble alors guider la main de l'artiste. Changement de décor : au XIXe siècle, les romantiques exaltent le sentiment de la nature. La peinture prêche un dépassement de soi hédoniste. Aujourd'hui encore perdure l'idée d'un souffle créateur qui « habiterait » l'artiste. Cependant, elle résiste mal à l'analyse d'œuvres prosaïques qui prennent pour cible la réalité quotidienne.
La science, l'économie, la politique ou l'écologie représentent des sources d'inspirations actuelles très terre à terre !
Mais, en art, rien n'est jamais exclusif et une proposition trouve toujours son contraire. On croise dans la production actuelle des œuvres qui, par leur étrangeté, leur lumière, une certaine invraisemblance ou un sens bizarre du détail, ouvrent à nouveau les portes du rêve, de la magie, de l'inconnu, du sublime ?


> 26mn pour une œuvre : Matthew Barney (1967)

Photographies, dessins, sculptures, installations sont produit par Matthew Barney conjointement à la série des cinq films « Cremaster » qui constitue, outre un bel exemple d'art total, son expression sans doute la plus aboutie.
Empruntant en effet aux formes plastiques, théâtrale et cinématographique, l'univers singulier de Matthew Barney trouve ses sources dans des références culturelles multiples : mythologie, art, sport, cinéma, spiritualité ...
Reposant sur l'idée de corps mutant, ses films revisitent les codes de la narration pour constituer une suite de contes contemporains.